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De la nécessité de la poursuite de l'évolution (réforme?) de la Sécurité Privée.



Pour rebondir sur le commentaire de Michel FERRERO dans le post de Monsieur le Préfet Marc BURG sur Linkedin, en effet la revalorisation du taux horaire est plus que nécessaire pour que les agents soient rémunérés a une juste valeur, mais il n'y a pas que ce point qui est nécessaire.

Oui cette revalorisation est nécessaire aussi pour les entreprises de sécurité privée afin qu'elles aient les moyens de financer la formation, les spécialisations, etc.. pour continuer à proposer des prestations de qualité dans de meilleures conditions.

Mais il est aussi important, ne serait-ce pour revaloriser l'agent en tant qu'Humain, pour son image (Agent de sécurité et non vigile) mais aussi sa position dans la chaine de sécurité-sûreté, de parler de compétences. Ce sont avant tout des professionnels de la sécurité-sûreté et doivent être considéré en tant que tel. Le comportement des entreprises mais aussi des donneurs d'ordres qui fonctionnent comme des "négriers" doit être condamné. Les services de l'Etat, URSSAF, Inspection du Travail et bien sur le CNAPS doivent avoir les moyens de leurs actions. Vouloir une rétrocession de la taxe CNAPS pour financer le MAC ou autre, est une hérésie. Idée syndicaliste à la française contre productive qui n'aurait comme effet que de limiter les moyens du CNAPS tant qu'humain que formation des personnels.


La protection juridique de l'agent de sécurité privée est elle aussi nécessaire et ne doit plus être qu'un voeu pieux ..

La Sécurité Privée doit travailler urgemment avec les Autorités, le CNAPS, le Délégué aux Coopérations de Sécurité, pour protéger les femmes et les hommes sur le terrain, qui étant en première ligne et pas forcément dans les conditions optimales pour exercer leur mission, font face a des situations agressives. Pour mémoire, avez vous vu des agents de la force publique (police, gendarmerie, police municipale, voir même SUGE) être en mission seul? Cela ne choque personne que dans certaines conditions un agent de sécurité puisse être seul. A partir du moment ou l'évaluation de risque pour la mission fait ressortir qu'il est nécessaire d'avoir plusieurs personnels de sécurité, la responsabilité des uns et des autres et notamment du donneur d'ordres doit être engagée avec une mise en danger de la vie d'autrui. Un agent de sécurité n'est pas un clone de Superman et les coups de boules ou de couteaux ne font pas parti des risques du métiers. Et si demain la sécurité privée doit prendre une part plus importante dans le dispositif de sécurité intérieure avec par exemple dans la sécurité de sites sensible nécessitant un armement, le risque devient différent d'une mission classique, les conditions d'exercer aussi, la protection physique de l'agent à la mesure du risque, et surtout cela devra avoir une répercussion financière à tous les niveaux y compris celui de l'agent.

L'Observatoire des atteintes physiques et verbales à l'encontre des agents privés de sécurité créé en 2013 est une bonne chose et il convient que la profession soit plus largement informée pour alimenter les données : http://enquetes.inhesj.fr/index.php/183252/lang/fr


Et si on parlait efficience des formations, employabilité, compétences?

Que dire de la formation, du MAC (Maintien Actualisation des Competences) des professionnels de la sécurité? Entre conflits d'intérêts de certains protagonistes, une traçabilité limitée, des intervenants dont la légitimité est discutable sur certains sujets comme le terrorisme, le chemin risque d'être encore long avant d'aboutir a une réelle coproduction Etat/Privé. Certes le CNAPS avance, régule, controle, certes des processus de "certifications" commencent a voir le jour, même si tout est toujours discutable, tout cela existe, mais tout cela n'est que le "minimum syndical" pour travailler, et ne prévaut en rien, loin de là, des compétences réelles pour exercer. Comment valoriser le potentiel humain quand les salaires, les perspectives de carrière sont aussi peu lisible dans la filière Sécurité Privée. Que dire de toutes ces universités, instituts, centres de formation, organismes divers, formateurs-experts auto-proclamés, qui surfant sur la vague, produisent des Masters 1, 2, DU, licences, cursus en alternance ou non, des formations a l'armement ou du médic opérationnel en perspective de on ne sait quoi, vous n'avez que l'embarras du choix dans les appellations pompeuses, avec des contenus plus ou moins pertinent, des durées plus ou moins farfelues, des intervenants avec plus ou moins de réelles expériences, mais avec des tarifs très réels? Un vrai business, rentable je ne sais pas, mais avec un réel apport en terme d'employabilité, j'ai un gros doute. Quoiqu'il en soit, la multiplicité de ces formations discrédites les meilleures car personne n'y comprend plus rien. Question : est ce que toutes ces formations correspondent aux attentes des entreprises?

Comment imaginer que l'Etat puisse avancer vers cette coproduction de sécurité, nécessaire dans l'absolu, en ayant face a lui une profession dispersée et une filière aussi mal structurée?


Et si la Sécurité Privée raisonnait "Client"? "Bonjour, merci, bienvenu, au revoir", le savoir-être. Pour continuer a faire évoluer la Sécurité Privée, les fondamentaux doivent être acquit.

L'agent de sécurité est maintenant la 1ére personne que vous voyez dans une entreprise avant même l'hôtesse d'accueil ou le secrétariat. ll reflète inévitablement l'image du client et le savoir-être de l'agent est donc primordial.

Retour d'expérience client : il y'a quelques jours je me suis rendu à Paris dans la boutique sur les Champs Elysée d'une souri bien connue. Aux abords du magasin, je vois un agent de sécurité, avenant, qui avec un grand sourire qui vous demande d'ouvrir les sacs (en plus du controle "raquette"), vous remercie et vous souhaite bienvenu dans le magasin. Résultat, vous passez d'une situation de controle plus ou moins anxiogène pour certaines personnes a une situation normale très professionnelle avec a mon avis beaucoup plus d'efficacité en terme de détection de signaux faible et de détection de comportements douteux.


Et si la Sécurité Privée raisonnait "marché"?

Et si la Sécurité Privée cherchait a raisonner "Valorisation des compétences" pour développer des marges? Le système actuel s'apparente a une célèbre publicité des années 80 (http://www.culturepub.fr/videos/bahlsen-le-secret-de-la-noisette/) : en mettre toujours plus pour un meme coefficient et accepter toujours plus pour le meme prix. En ce sens, les acteurs aux manettes de la profession ce sont enfermés seuls dans un paradigme qui est nécessaire de changer si nous voulons changer et faire évoluer la sécurité privée.


Et si les acteurs de la Sécurité Privée prenaient enfin en main leur avenir ?

Thierry SZCZEPANIAK, Président de l'UNESSD

www.unessd.org

A suivre ...

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